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  • #Ÿnspire – Clara Duchalet, fondatrice de Vépluche

    Aujourd’hui, nous avons rencontré Clara Duchalet, fondatrice de Vépluche, une société qui veut remédier à la trop forte présence de matière organique dans nos poubelles en les recyclant en compost ou en terreau. Nous avons pu échanger sur leur activité, leurs ambitions et les challenges à relever mais nous avons également pu échanger des conseils pour inciter chacun à agir dans son quotidien.

    L’impact guide le quotidien de tous les Ÿnsecters : comment nourrir la planète tout en préservant les ressources et la biodiversité ? Des initiatives se multiplient et nous avons décidé de laisser la parole à celles et ceux qui contribuent à changer le monde, qui proposent des alternatives et qui créent durablement. Aujourd’hui, nous avons rencontré Clara Duchalet, fondatrice de Vépluche, une société qui veut remédier à la trop forte présence de matière organique dans nos poubelles en les recyclant en compost ou en terreau. Nous avons pu échanger sur leur activité, leurs ambitions et les challenges à relever mais nous avons également pu échanger des conseils pour inciter chacun à agir dans son quotidien.

    Pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre entreprise ?

    J’ai souvent l’habitude de présenter Vépluche comme une économie circulaire appliquée aux déchets organiques. Aujourd’hui, on compte entre 30% et 50% de matières organiques dans nos poubelles, notre mission consiste à en sauver un maximum ! En effet, leur présence a des répercussions sur l’ensemble de la chaîne et de nos environnements : des camions qui se déplacent pour venir les recueillir, des émissions de gaz à effet de serre etc. En réalité, il existe un moyen très simple d’y remédier : détourner la matière organique et la transformer en compost ou en terreau pour lui donner une seconde vie ! Chez Vépluche, on ne prend pas en charge que les épluchures, viandes et poissons, mais aussi les déchets des fleuristes.

    Vépluche était à l’origine un projet, quel a été le déclencheur pour le transformer en aventure entrepreneuriale ?

    Je viens d’une famille de médecins alors l’entrepreneuriat n’était pas vraiment dans l’ADN familial. Il n’y a pas eu de réel déclencheur, c’est plutôt un enchaînement de rencontres, d’émotions qui ont fait que je me suis lancée. J’ai initié le projet à l’école, dans un cours d’entrepreneuriat social qui m’a tout de suite passionnée. Je ne me suis jamais autant investie dans un cours que pour celui-là. Pour monter le projet, j’ai rencontré des dizaines de personnes passionnantes et motivées par la mission de Vépluche ; mais c’est seulement en présentant le projet final à un jury d’école que j’ai pris conscience que c’était ce que je voulais faire. Vépluche était aussi un moyen pour moi d’allier le secteur privé et le secteur public : une entreprise qui a pour vocation d’aider le grand public !

    D’où vient cette prise de conscience de la nécessité d’agir ?

    C’est une prise de conscience très personnelle ! Tandis qu’il y a des sujets qui ne nous effleurent pas, d’autres nous frappent de plein fouet. Et pour moi, c’est le jour où, arrivée à Paris, j’ai jeté pour la première fois mes épluchures à la poubelle. J’avais envie de faire quelque chose pour remédier à cela. Ensuite, ce sont des rencontres qui ont fait que je me suis lancée. Mais, même si je voulais agir, il fallait aussi que mon projet me prenne aux tripes et génère une étincelle qui puisse me porter. Sans cette conviction, je n’aurais pas réussi.

    Vous avez intégré la première promotion de « Women4Climate », pourriez-nous en dire plus sur cette initiative ?

    Women4Climate a été une étape décisive pour moi parce que c’est la première structure qui a cru en Vépluche. J’ai découvert par hasard l’existence de ce programme en faisant des recherches sur internet. Je me suis reconnue dans ce qu’ils cherchaient et j’ai postulé. Dans ma promotion, nous étions une dizaine de femmes avec des projets très différents et à des stades d’avancées tout aussi différents. La volonté de ce programme de mentorat, c’est de mettre en lumière des femmes souhaitant mener des projets environnementaux, ils ont véritablement pris en charge toute la communication : nous sommes allées à des salons pour présenter nos projets, participé à des tables rondes etc. Ils nous ont réellement donné confiance en nous.

    Comment les restaurateurs et agriculteurs peuvent devenir partenaires ? Comment avez-vous réussi à les convaincre de franchir ce pas ?

    Notre technique commerciale, c’est d’ouvrir la porte. On prend nos vélos et on va frapper chez tous les restaurateurs du coin. C’est une technique qui, d’ailleurs, leur plaît beaucoup parce qu’elle permet de mettre un visage sur un projet. En faisant cela, on a pris conscience qu’une très grande majorité des restaurateurs rencontrés se sentent concernés par la valorisation des matières organiques. J’ai rencontré des gens qui n’en pouvaient plus de devoir jeter chaque jour leurs épluchures à la poubelle. Donc Vépluche leur parle. Le plus compliqué dans notre boucle, c’est le prix des légumes en échange, puisque tout se joue sur la partie approvisionnement : il faut pouvoir contenter tout le monde. Pour les agriculteurs, les choses ont été plus complexes parce que l’aspect logistique de livraison ne fait pas partie de leur métier et beaucoup renoncent au projet à cause de cela.

    La création de Vépluche a déjà permis la création de 10 emplois, quelles sont les valeurs nécessaires pour vous rejoindre ?

    La première chose que je cherche, c’est une fibre écologique : on peut être le meilleur commercial, si on ne croit pas au projet, cela ne peut pas fonctionner. Ici, on est tous passionné et extrêmement motivé par le projet. Ensuite, on regarde si les candidats partagent nos trois valeurs : l’engagement, cela rejoint notre fibre écologique ; la bienveillance vis-à-vis d’autrui, parce qu’on veut que chacun puisse faire des erreurs et apprendre de ces dernières sans crainte du jugement ; et la créativité parce que nos idées évoluent au fur et à mesure, chacun peut participer à leur élaboration. Ces valeurs sont avant tout celles qui ressortent de notre organisation quotidienne : nous n’avons pas encore eu l’occasion de nous dédier à leur définition. Mais, en interne, nous avons organisé quelques évènements dont le but était de définir notre ADN et nous recentrer sur l’identité de Vépluche.

    Parmi les valeurs d’Ÿnsect (explorateur, adaptabilité, solidarité, équilibre et authenticité) de laquelle vous sentez-vous le plus proche ?

    Je dirais l’adaptabilité. Notre activité a été très impactée par le COVID et les différentes mesures qui ont été prises. Les restaurants ont fermé et nous avons dû trouver des solutions pour continuer de travailler. Et même si aujourd’hui beaucoup de structures ont réouvert, nous sommes conscients que la vaccination, les variants du virus sont autant de facteurs qui peuvent nous atteindre. Cependant, ce je ne crois absolument pas que les restaurants vont s’effondrer. Il y aura toujours des lieux pour se restaurer et partager des moments de convivialité. Nous essayons de rester optimistes et positifs, quoi qu’il arrive !

    Quels sont les 3 conseils que vous donneriez au grand public pour agir ?

    Je pense que la première chose à faire, c’est de poser des questions. Quand vous allez au restaurant, posez la question de la valorisation des épluchures ! On ne pose pas seulement une question : on pose un sujet de société.  Mon deuxième conseil serait de se challenger soi-même. On ne questionne jamais nos connaissances : une couche de poussière s’est déposée sur nos quotidiens. Il faut les dépoussiérer parce que c’est à ce moment-là qu’on change les choses. Je crois énormément à la force de l’impact individuel : la consommation, c’est l’action ! Mon dernier conseil serait que chacun peut encourager des projets : cela va d’un message sur les réseaux sociaux à des investissements personnels. Nous, par exemple, nous avons pris la décision de lancer une levée de fonds participative auprès d’investisseurs particuliers pour nous permettre de nous développer plus vite.

    Aujourd’hui vous commencez votre déploiement national, à quand un déploiement international ?

    On y pense ! Mais ce n’est pas notre priorité. On vient à peine de commencer notre déploiement à Lyon parce que c’est la deuxième ville après Paris à avoir autant de restaurants et de fleuristes. Pour que Vépluche puisse fonctionner, il faut que ces deux secteurs soient suffisamment présents dans la ville ! Notre objectif est donc de nous développer d’abord dans toutes les grandes métropoles de France avant de nous lancer à l’international. D’ailleurs, à court terme, notre objectif est de nous développer dans tout Paris. Pour cela, nous allons créer des hubs au fur et à mesure un peu partout pour prendre de l’ampleur progressivement. Mais l’international reste dans un coin de nos têtes parce que nous sommes conscients de l’universalité de notre mission : partout, on retrouve des matières organiques dans les poubelles !

     

    Si vous souhaitez soutenir Vépluche pour leur levée de fonds : https://www.wiseed.com/fr/projet/42232024-vepluche