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  • #Ÿnspire – Fernanda Vicente, fondatrice de Mujeres del Pacifico

    Aujourd’hui, nous avons rencontré Fernanda Vicente, la fondatrice de Mujeres del Pacifico, un mouvement solidaire de femmes entrepreneuses ou qui souhaitent le devenir, à travers toute l’Amérique Latine. Elle a aussi créé plusieurs autres entreprises dont la femme est toujours le centre. Nous avons pu échanger sur les sujets de son entreprise, les valeurs, sa prise de position féministe, mais aussi la place des femmes en Amérique Latine et le pouvoir de l’éducation.

     

    L’impact guide le quotidien de tous les Ynsecters : comment nourrir la planète tout en préservant les ressources et la biodiversité ? Des initiatives se multiplient et nous avons décidé de laisser la parole à celles et ceux qui contribuent à changer le monde, qui proposent des alternatives, qui créent durablement. Aujourd’hui, nous avons rencontré Fernanda Vicente, la fondatrice de Mujeres del Pacifico, un mouvement solidaire de femmes entrepreneuses ou qui souhaitent le devenir, à travers toute l’Amérique Latine. Elle a aussi créé plusieurs autres entreprises dont la femme est toujours le centre. Nous avons pu échanger sur les sujets de son entreprise, les valeurs, sa prise de position féministe, mais aussi la place des femmes en Amérique Latine et le pouvoir de l’éducation.

    Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est Mujeres del Pacifico ?

    Mujeres del Pacifico, c’est avant tout une entreprise. Ce n’est pas une fondation ou une association, mais bel et bien un acteur économique aux valeurs sociales fortes. Notre mission consiste à réunir et aider des femmes entrepreneuses ou qui souhaitent le devenir et ce, à travers toute l’Amérique Latine, du Chili au Mexique, en passant par le Pérou et la Colombie. Notre action ne connaît pas de frontière. Nous leur proposons des programmes pour les aider à monter leur projet, à trouver des financements ou des partenaires, à avoir des notions juridiques, bref, notre formation est très complète. Récemment, nous avons reçu la certification B Corp pour notre engagement et notre impact positif.

    Comment devient-on une Mujer del Pacifico ? Comment approchez-vous les participantes ? Comment les convaincre de rejoindre l’entreprise ?

    Pour les convaincre, nous mettons en avant le fait que c’est à destination des femmes entrepreneuses ou celles qui souhaitent le devenir. Leur engagement est gratuit et facile : il suffit seulement de s’inscrire sur notre site internet. En contrepartie, elles sont réquisitionnées pour certains programmes en qualité d’intervenantes ou de public. Pour les trouver, nous utilisons les réseaux sociaux de manière quotidienne. Nous y sommes très actives pour mettre en avant les bienfaits de Mujeres del Pacifico, nos différents partenariats avec de grands instituts de recherches, d’autres associations d’entrepreneurs, des universités etc. Il est primordial d’expliquer à nos futurs membres qu’elles ne sont pas seules, qu’elles peuvent rejoindre une communauté très forte grâce à laquelle elles pourront recevoir de l’aide, un accès à des financements ou encore à du réseau. Le plus important dans notre démarche, c’est de mettre en lumière la nécessité d’une économie inclusive : il faut avancer tous ensemble, surtout dans des pays comme les nôtres, où les crises politiques et économiques affectent la population. Nous devons repenser notre développement : c’est ça, construire une économie durable !

    Quelles sont les valeurs de votre entreprise ? Parmi celles d’Ÿnsect (explorateur, adaptabilité, authenticité, solidarité et équilibre), de laquelle vous sentez-vous le plus proche ?

    Nous avons trois valeurs qui nous guident au quotidien : la collaboration, l’innovation et la qualité. Ce sont des valeurs fortes, mais surtout inclusives : les participantes s’entraident et ne réussiraient pas sans cette incroyable chaîne de valeur. Il n’y a aucun intérêt à gravir les échelons seule. De plus, en tant que femme, on se sent parfois seule sur les sujets d’entreprenariat. Nous devons continuer de former des communautés pour se soutenir, partager des connaissances et nos expériences. A titre personnel, parmi vos valeurs, je me reconnais dans l’exploration. J’ai toujours cherché à créer de nombreux projets, à chercher des solutions aux enjeux auxquels j’ai fait face. Je regarde toujours devant !

    Vous avez également cofondé Kodea, une fondation qui assure l’inclusion des femmes et des minorités au regard du digital au Chili. Pouvez-vous nous en dire plus ? Pourquoi était-ce important d’assurer cette place aux femmes ?

    Ce projet a mûri il y a très longtemps ! J’avais une amie qui travaillait dans l’informatique, et nous échangions souvent sur nos activités et sur la place des femmes dans nos milieux. Nous avons fait le constat que dans le secteur du digital, il n’y a que très peu de femmes. Or, nous savions déjà que c’était le futur et nous ne voulions pas que les femmes se retrouvent écartées de cette révolution numérique. Nous avons donc commencé à réfléchir à ce qu’on pouvait faire, et avons décidé de lancer Kodea. Grâce à cela, les femmes peuvent apprendre à programmer, des entrepreneuses pour trouver de l’aide pour réaliser le site internet etc. Nous avons également lancé The Creador qui permet aux enfants de proposer des projets digitaux qui, peut-être, continueront de grandir avec eux. Nous avons également pris le parti de mettre sur le devant de la scène les minorités parce qu’au Chili, elles reçoivent souvent les informations bien après, sont écartées des changements et souffrent d’un système inégalitaire encore très fort. C’était important de leur permettre de participer au changement !

    Vos trois derniers projets professionnels partagent un point commun : la place des femmes dans le monde digital et entrepreneurial. Quel est le prochain secteur dans lequel vous aimeriez voir les femmes prendre plus d’importance ?

    Vous savez, j’ai un rêve très cher : réussir à travailler sur l’inclusion financière ! Je crois que c’est essentiel pour assurer le bon vivre ensemble parce que cela évite des abus et des violences. Au Chili, beaucoup de femmes ne travaillent pas et vivent sous la coupe de l’homme de la maison. C’est encore une culture très machiste où l’homme détient le pouvoir. Les femmes doivent s’indépendantiser. Grâce aux réseaux sociaux, nous pouvons leur montrer ce dont elles sont capables mais surtout, leur montrer qu’il existe des voies différentes ! J’aimerais donc réussir à ce que les femmes deviennent les égales des hommes financièrement parlant. Et cela commence par l’éducation, grâce à nos programmes entre autres. D’ailleurs, nous mettons en avant que 70% des femmes qui passent par nos formations lancent leurs projets ! C’est un nombre impressionnant et c’est très encourageant de voir ce que les femmes peuvent entreprendre !

    Quels sont vos prochains challenges ?

    J’en ai deux que j’aimerais pouvoir relever prochainement. Le premier, c’est de participer à la lutte pour protéger les enfants des narcotrafiquants. C’est un enjeu très important dans mon pays et une fatalité contre laquelle il nous faut lutter ! Et mon deuxième objectif est de trouver une solution, un projet pour permettre l’inclusion financière. Je veux vraiment travailler à rendre les femmes plus propriétaires de leur pouvoir sur tous les fronts !

    Aujourd’hui, Mujeres del Pacifico, demain la conquête de l’autre côté de l’océan ? L’Europe ?

    Il nous reste encore énormément de chemin à parcourir en Amérique Latine. Le travail est long et dur mais il est nécessaire pour rendre leur place aux femmes. Dans le futur, pourquoi pas déjà nouer des partenariats et lancer des projets en Amérique du Nord ?