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  • #Ÿnspire – Léo Primard et Celia Poncelin, co-fondateurs de la revue Twomorrow

    L’impact guide le quotidien de tous les Ÿnsecters : comment nourrir la planète tout en préservant les ressources et la biodiversité ? Des initiatives se multiplient et nous avons décidé de laisser la parole et celles et ceux qui contribuent à changer le monde, qui proposent des alternatives et qui créent durablement. C’est également la mission que se sont donnés Léo Primard et Celia Poncelin, co-fondateurs de la revue Twomorrow. Ils se sont lancés dans une aventure à travers l’Europe, dans le but de rencontrer les entreprises qui œuvrent pour le bien commun, le respect de l’environnement, et qui apportent des solutions aux défis de notre époque. Nous avons eu la chance de les rencontrer pour échanger sur leur aventure, les entreprises qu’ils vont rencontrer, mais aussi le journalisme et leur initiative de lancer une nouvelle revue, tournée vers l’écologie.

    Vous êtes à l’initiative de Twomorrow, une revue qui permet d’apporter une nouvelle réflexion sur les sujets liés à l’écologie et aux grands enjeux de notre époque, mais quel a été le déclencheur de cette initiative ?

     

    On a tous les deux passé un peu plus de 3 ans en startup, à des postes de direction ou de management en marketing. Ces premières expériences ont été exigeantes mais très enrichissantes. On y a rencontré la pression subie et la pression que l’on se met pour faire de notre mieux. Et puis la crise COVID arrive et vient un peu tout chambouler, on est loin de nos équipes, on se sent moins utiles que d’autres professions. Et surtout, on a beaucoup de temps pour se renseigner sur notre environnement et la situation climatique : prendre conscience des enjeux, creuser les alternatives, faire des bilans sur son propre quotidien. Ce qu’on a vu et compris était assez déprimant : on avait l’impression qu’il n’y avait pas de solutions, que tout était perdu d’avance, punitif et négatif.

    Alors, on s’est dit qu’il fallait agir à notre échelle. On a quitté nos jobs quelques mois plus tard et on s’est lancé dans le projet Twomorrow, une revue positive qui se concentre sur les solutions plutôt que les problèmes, dans toute l’Europe. On espère ainsi sensibiliser, éduquer, faire prendre conscience, redonner confiance en l’avenir pour engager des changements collectifs et individuels.

     

    Votre magazine paraît dans un moment compliqué pour le monde des médias, pourquoi avoir fait le choix de ce format ? Et comment sortir du lot ?

     

    On a le sentiment – de loin – que les médias s’en sortent très bien. Les faits divers, l’actualité et ses retournements fréquents, la crise COVID et la géopolitique internationale leur donnent du grain à moudre donc on ne dirait pas qu’ils sont dans un moment compliqué plus que d’autres secteurs comme la restauration, la santé ou la culture… En revanche, nous n’avons pas du tout l’impression d’entrer dans cet écosystème puisque nous lançons une revue unique, et non un magazine périodique. Celle-ci sera le résultat d’un an de travail, à deux, et nous ne savons pas quelle sera la suite de ce projet mais pour l’instant, pas de deuxième numéro de prévu !

    Concernant le format, nous avons longuement hésité entre un documentaire et un produit papier. L’image et la vidéo, c’est pratique, plus “viral” et très accessible mais il faut s’y connaître. Et puis les interviews face caméra, ça intimide plus les entrepreneurs qu’un dictaphone et un bloc-notes. On a donc voulu garder un cadre plus intimiste pour les rencontres avec les entreprises, rester sur des champs de compétences que nous pourrions gérer à deux et surtout, avoir un bel objet à garder chez soi.

    Lorsque l’on sait que le visionnage d’un documentaire de 2h émet autant de CO2 que l’impression d’un livre, on s’est dit qu’on préférait avoir un produit qui puisse être lu en plusieurs fois, prêté, laissé de côté, redécouvert. Nous avons la chance d’avoir une illustration de Malika Favre en couverture, pour moi ça vaut toutes les affiches de documentaire Netflix !

     

    Pensez-vous que votre projet donne une nouvelle définition du métier de journaliste ?

     

    Honnêtement, pas du tout. Nous ne sommes pas journalistes et on ne s’improvise pas en tant que tel. Nos expériences et nos études font qu’on a un bagage intéressant sur l’esthétique, le choix des mots, pour poser des bonnes questions, mais cela ne fait pas de nous des experts. Au contraire, on a envie de se mettre à la place de nos lecteurs : conscients des enjeux climatiques mais souvent néophytes en la matière. Et donc poser des questions qui aident à vulgariser les propos.

     

    Vous avez pour objectif de présenter une vingtaine d’entreprises qui œuvrent déjà pour offrir des solutions durables et avez mis à disposition quelques critères de sélection de ces mêmes entreprises, mais savez-vous déjà vers quelles entreprises vous voulez-vous tourner ?

     

    Nous connaissons quasiment toutes les entreprises que nous allons rencontrer, nous en avons sélectionné effectivement une vingtaine parmi plus de 500 étudiées. Certaines ont été extrêmement réceptives et accueillantes tandis que d’autres nous ont répondu “j’ai 30min sur Zoom à vous consacrer”. Quand on sait que l’on traverse l’Europe pour les rencontrer, on a évidemment décliné avec ces dernières.

    Nous ne sommes pas The New York Times donc on compose avec. Mais ça a été un vrai travail d’orfèvre que de trouver ces innovations : en regardant sur les sites de fonds d’investissement, des awards internationaux, classements et retombées presse, par notre réseau etc. In fine celles qu’on rencontre dans les secteurs les plus polluants sont pour l’instant incroyables, on espère qu’elles plairont autant à nos lecteurs.

    Vous avez récemment été nommés par les Inrock parmi les 10 militant.e.s de la Génération Climat à suivre, que représente cette nomination pour vous ? Pensez-vous avoir un devoir de sensibilisation ?

     

    Une immense joie, de l’étonnement et un grand sentiment d’imposture ! Nous avons été nommés aux côtés de personnes que nous suivons depuis quelques années, qui sont très activistes et qui “militent” beaucoup plus que nous. Néanmoins c’est une grande fierté de voir que notre projet, aussi récent soit-il, puisse être mis en avant. Ce serait donc assez orgueilleux de porter le fardeau d’un “devoir” de sensibilisation, en revanche on a une énorme envie de comprendre, d’agir et d’engager qui le souhaitera à nos côtés.

     

    Aujourd’hui l’Europe, avez-vous déjà pensé reproduire cette aventure sur un autre continent ?

     

    Qui dit autre continent dit avion, et nous n’en prenons plus. Notre fourgon aménagé, Eugène de son petit nom, pourrait bien pousser les kilomètres jusqu’à l’Asie mais ce n’est pas envisagé pour le moment. On se concentre aussi sur l’Europe pour montrer que les inspirations proviennent des voisins, pas besoin d’aller à l’autre bout de la planète pour trouver la dernière innovation salvatrice. Il y a des synergies à trouver de l’autre côté de la frontière, tendons juste un peu les oreilles !