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  • #Ÿnspire – Jérémy Pessiot, fondateur d’AFYREN, Directeur général et chef de l’innovation

    L’impact guide le quotidien de tous les Ÿnsecters : comment nourrir la planète tout en préservant les ressources et la biodiversité ? Des initiatives se multiplient et nous avons décidé de laisser la parole à celles et ceux qui contribuent à changer le monde, qui proposent des alternatives et qui créent durablement. Aujourd’hui, nous avons rencontré Jérémy Pessiot, Fondateur, Directeur général et chef de l’innovation d’AFYREN, une entreprise qui contribue à une industrie plus durable, notamment en remplaçant des produits issus du pétrole. AFYREN et Ÿnsect ont la même ambition : trouver des solutions durables pour répondre aux grands enjeux de notre temps, et protéger la biodiversité. Nous avons eu la chance de rencontrer Jérémy Pessiot pour échanger sur le fonctionnement d’AFYREN, l’usage de la technologie au service de l’environnement et les valeurs qui animent le quotidien des collaborateurs.

     

    Pouvez-vous nous pitcher AFYREN en quelques mots ?

    AFYREN, c’est le fruit d’une dizaine d’années de travail qui prouvent que l’on peut marier écologie et économie. Nous fabriquons des produits biosourcés, c’est-à-dire des produits obtenus à partir de matières premières renouvelables issues de la biomasse, des végétaux par exemple, notamment la betterave. Ces produits permettent de remplacer des produits existants, fabriqués aujourd’hui avec du pétrole, que l’on retrouve sur tous les marchés : l’alimentation humaine et animale, les cosmétiques, la chimie etc. Nous voulions permettre à l’industrie de se réinventer et d’avoir un impact sur l’environnement réduit.

    Notre vision, c’est d’avoir un regard innovant sur les choses et les moyens de production pour préserver l’environnement tout en produisant de la valeur et en créant des emplois. A ce jour, peu d’entreprises ont réussi le pari de passer de l’échelle de laboratoire au modèle industriel de cette manière. En cela, AFYREN et Ÿnsect sont pionniers.

     

    Pourquoi avoir fait le choix d’utiliser la technologie au service de l’environnement ? En quoi votre technologie permet-elle de changer le monde ?

    Notre technologie peut utiliser une très grande variété de substrats complexes et non pas un seul « simple » comme le font généralement les bio-techs classiques. On peut utiliser tout ce qui peut se fermenter comme les végétaux ou coproduits agro-industriels par exemple. Et toujours avec ce souhait de marier écologie et économie, on privilégie des approches territoriales et d’économie circulaire. Notre projet est donc de valoriser la biomasse autour de nos sites de production. On a une approche plutôt décentralisée : de nombreuses usines réparties sur la planète au service des marchés locaux.

    AFYREN, c’est une entreprise proche des gens : nous sommes ancrés dans les territoires, au service de sujets ambitieux. Nous contribuons à trois enjeux : le réchauffement climatique, l’économie circulaire et la préservation des ressources naturelles. Il faut donc se développer de manière responsable pour permettre la production de ce dont la société a besoin, mais toujours et avant tout en respectant notre environnement. Nous apportons une double solution : avec une technologie, utiliser les co-produits pour les valoriser et en faire des produits naturels demandés par les industriels.

     

    Vous avez lancé les travaux de votre nouvelle usine de chimie verte en Moselle, pourriez-vous nous parler de ce projet ?

    On peut dire une nouvelle usine mais c’est surtout notre première usine ! Elle est le résultat de dix années de travail. C’est une première mondiale, personne n’a jamais fait ce que nous sommes en train de faire ! Cette usine s’intègre sur un site pétro chimique pour produire 16 000 tonnes d’acides par an. Elle va nous permettre de valoriser des matières premières locales, notamment les co-produits de betterave, pour maximiser notre empreinte sur l’environnement et pour servir des marchés locaux. C’est une implantation stratégique autant pour les matières premières que pour la proximité des clients. Nous voulions construire notre première usine en France, mais le but est de disséminer ce modèle à long terme partout dans le monde en valorisant des ressources et en adressant des marchés locaux.

     

    Comment mesurez-vous votre impact ?

    Cela fait plusieurs années que nous travaillons, avec des cabinets d’experts, à faire notre analyse du cycle de vie de nos produits. Celles-ci ont démontré une réduction de plus de 80% de réduction de gaz à effets de serre en comparant nos produits à leurs équivalents pétro-sourcés. On va poursuivre cette analyse dans une dynamique d’amélioration continue. Parallèlement, on travaille sur notre stratégie RSE qui va se déployer dans les mois et années à venir. Nous avons d’ailleurs recruté notre Directrice RSE il y a plus d’un an et nous allons choisir des indicateurs sur lesquels mesurer notre impact et se fixer des objectifs. L’aspect social est aussi très important, notamment avec la création de notre usine. C’est la preuve que nous sommes capables de concilier protection de l’environnement et création d’emplois. Il y a de nombreux bénéfices en termes de développement de toute la filière. L’idée est d’être continuellement dans une démarche de progrès et de construire le futur de l’entreprise avec les bases les plus solides possible.

     

    Avez-vous défini des valeurs communes à vos collaborateurs et comment faîtes-vous pour les faire vivre aujourd’hui dans un contexte de télétravail ?

    Oui bien sûr ! Nous les avons définis avec l’ensemble des collaborateurs il y a trois ans et nous continuons de les préciser et de les faire vivre au fil du temps. Nous en avons trois : l’humilité parce que nous ne prétendons pas avoir tout fait malgré notre ambition ; l’agilité parce qu’on est et on restera une entreprise qui s’adapte rapidement, nous restons ouverts d’esprit pour ne pas nous mettre de frein et surmonter les obstacles ; et enfin, l’engagement que cela soit au quotidien ou dans nos objectifs environnementaux et de développement. C’est le quotidien des collaborateurs, leur travail. Au fil des années, nous avons réussi à mettre en place une équipe soudée et perpétuellement dans l’action. On veut être jugés pour notre action et c’est ce pour quoi nous mettons toute notre énergie. Les gens qui nous rejoignent ne sont pas là par hasard, ils nous rejoignent pour le projet mais aussi pour nos valeurs et la dimension humaine d’AFYREN.

    Malgré la crise sanitaire, il a fallu trouver des solutions pour maintenir le contact entre les équipes. On essaye de maximiser la présence des équipes techniques pour faire avancer le projet et se rencontrer régulièrement. On organise également des points réguliers pour garder le lien. On se réunit aussi tous les vendredis tous ensemble pour une « pause-café » collective !

     

    Comment faîtes-vous avancer et progressez-vous quotidiennement ?

    On se parle beaucoup et lorsqu’on peut, on se voit beaucoup. On est plutôt dans l’informel, on se tient au courant sans attendre de faire un point régulier. Les moments entre deux portes sont très importants pour nous. La culture d’AFYREN est aussi fondée sur deux grands principes : la bienveillance et l’exigence ; c’est-à-dire qu’on se parle énormément, la parole est ouverte. Nous allons tous vers le même objectif. On veut entretenir le droit à l’erreur pour permettre à chacun de progresser individuellement mais également collectivement.

     

    Chez Ynsect, nous avons définis 5 valeurs : explorateur, authenticité, adaptabilité, solidarité et équilibre. Parmi celles-ci, y’en a-t-il une qui résonne plus que les autres pour vous, et pourquoi ?

    Je dirais explorateur parce que sans cela, nous n’aurions pas pu développer notre technologie et notre projet. C’est ce qui nous permet de s’améliorer chaque jour un peu plus et de préparer le futur.