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  • #Ÿnspire – Jacques Barreau, Directeur général et co-fondateur Grain de Sail

    L’impact guide le quotidien de tous les Ÿnsecters : comment nourrir la planète tout en préservant les ressources et la biodiversité ? Des initiatives se multiplient et nous avons décidé de laisser la parole à celles et ceux qui contribuent à changer le monde, qui proposent des alternatives et qui créent durablement. Aujourd’hui, nous avons rencontré Jacques Barreau, Directeur Général et co-fondateur de Grain de Sail, une entreprise ayant mis au point un voilier cargo respectueux de l’environnement pour transporter du vin bio depuis la France jusqu’aux Etats-Unis, puis ramener du café et de la masse de cacao afin de les transformer et les vendre sur le territoire français. Nous avons pu échanger sur leur activité, leurs ambitions de développement et les challenges à relever mais également sur l’écologie et les mesures à prendre pour le futur.

     

    En quelques mots, pourriez-vous nous expliquer ce qu’est Grain de Sail ?

    Grain de Sail est le résultat d’une réflexion menée avec mon frère sur la possibilité de décarboner le transport maritime. Nous venons tous les deux du secteur maritime et voulions trouver une solution qui réponde à tous les piliers du développement durable : l’économie, le social et l’environnement. Pour cela, nous avons mis au point un premier voilier cargo capable de traverser l’Atlantique de manière plus respectueuse. Nous voulions internaliser l’intégralité de notre processus, et avons donc réfléchi à ce qu’on pouvait transporter. Le vin est rapidement apparu comme une évidence, puis est venue l’idée du café et du cacao.

     

     

    Comment fonctionne votre bateau ? Comment a-t-il été construit ?

    Pour la construction du voilier, il nous aura fallu faire appel à un architecte naval. Ce dernier a dû créer un nouveau design, capable de s’adapter et d’assurer les traversées. Nous avons fait le choix de construire d’abord un navire de taille modeste, 24m, et avec une capacité de 50 tonnes en cales. L’ampleur du chantier nous a toutefois donné du fil à retordre et nous avons dû prendre des décisions parfois radicales pour permettre au projet de voir le jour. Il aura mis deux ans à être élaboré. Aujourd’hui, nos besoins ont changé et les prochains navires seront plus grands (50m) et auront une capacité de transport plus importante (350 tonnes).

     

     

    Pouvez-vous mesurer votre impact (environnemental et social) ?

    A ce jour, nous n’avons pas encore eu l’occasion de réaliser un audit externe. Nous sommes toutefois capables de démontrer que sur notre dernière traversée, moins de 100L de gasoil ont été consommés. A chaque traversée, les équipes essayent de battre le record de consommation !

     

    Selon vous, quelles sont les valeurs essentielles pour faire partie de l’équipage ? Chez Ynsect, nous en avons 5 (explorateur, authenticité, adaptabilité, équilibre et solidarité), quelle est celle qui vous parle le plus et pourquoi ?

    Nos valeurs sont avant tout tournées vers le développement durable et le goût de nos produits. Nous travaillons à proposer les meilleurs produits possibles à des prix raisonnables et accessibles à tous. Nous avons également des valeurs tournées vers l’aspect humain de notre entreprise : nous travaillons quotidiennement avec des personnes en situation de handicap, nous permettons aux salariés d’investir dans l’entreprise pour récupérer les fruits de son succès. Parmi vos valeurs, je dirais que c’est l’équilibre qui nous parlerait le plus : le développement durable implique en effet de trouver cet équilibre entre le social, l’environnement et l’aspect économique de l’entreprise. Nous avons également tendance à éliminer les stratégies extrémistes qui, souvent, délaissent l’un de ces trois piliers.

     

     

    Parmi vos démarches sociales, vous travaillez à l’inclusion de personnes en situation de handicap, pourriez-vous nous en dire plus sur vos engagements sociaux ?

    Notre père était éducateur auprès de personnes en situation de handicap. Son quotidien nous a inspiré pour mettre en place notre travail avec une association locale sur toutes les opérations d’empaquetage, d’ensachage etc. C’est un partenariat que nous avons depuis 6 ans. Cette démarche s’inscrit dans une volonté d’agir durablement : cela nous apporte une belle cohérence et une transmission positive des valeurs autour de nous. Nous voulons montrer que faire de l’écologie et du social n’est pas une punition ! De plus, aujourd’hui, les entreprises qui se créent ne peuvent pas se construire sans avoir du sens sur tous ces points. C’est en cela qu’on s’inscrit dans notre époque.

     

     

     

    Vous avez pour projet de construire une flotte de bateaux, avez-vous pour ambition d’aller vers le continent asiatique ? Quels sont vos prochains défis ?

    Nous allons bientôt débuter les travaux de construction de notre prochain voilier, d’autres viendront ensuite. Notre projet est duplicable vers les eaux asiatiques, mais cela prendra encore quelques années avant de conquérir un nouvel océan.